
Salut L'athlète, le coach, le passionné de performance,
Les réflexes archaïques sont partout sur les réseaux. Un réflexe « non intégré » expliquerait ta raideur, ton manque de coordination, tes blessures, ton plafond de performance. Quelques exercices au sol et tout se débloquerait.
Ce n'est pas ce que je pense, et ce n'est pas ce qu'on enseigne au LabO RNP.
Les réflexes archaïques ont une vraie place dans le développement de l'enfant. Leur plus grand intérêt, aujourd'hui, c'est ce qu'ils nous ont appris : comment les sens se calibrent. Pas une solution miracle, encore moins pour un sportif de compétition.
Les deux mots désignent la même chose. Ce sont des réponses motrices automatiques, présentes dès la vie dans le ventre de la mère ou dès la naissance, qui se déclenchent toujours à partir d'une information sensorielle.
C'est le point le plus important de cet article : il y a toujours une information sensorielle avant la réponse motrice. Un réflexe n'est pas un mouvement qui sort de nulle part. C'est un sens qui déclenche un geste.
Si tu veux aller plus loin, le LabO RNP a publié une revue de littérature sur les réflexes archaïques.
Chez le bébé, ces réflexes sont les premières formes d'organisation du mouvement. Ils apparaissent, servent, puis s'effacent selon une chronologie connue, à mesure que le contrôle volontaire prend le relais.
Prends l'agrippement palmaire. Le bébé serre ton doigt sans le vouloir. Chaque fois que sa main est touchée, elle se ferme. À force de répéter cette association, le système nerveux apprend ce que le toucher de la paume veut dire, et il peut ensuite s'en servir pour saisir, lâcher, doser.
Le réflexe ne disparaît pas parce qu'on l'a « éliminé ». Il passe au second plan parce que le sens qui le déclenche est devenu une information fiable, que le cerveau sait utiliser autrement.
C'est là que je veux remettre les réflexes à leur place.
Chaque réflexe archaïque, c'est un sens associé à un mouvement, répété des milliers de fois pendant les premiers mois de vie. Observer ces réflexes nous a appris une chose précieuse : le mouvement se construit à partir de ce que les sens rapportent, et la qualité du geste dépend de la qualité de ces informations.
Autrement dit, le réflexe est un indicateur, pas une cause en soi. Il nous montre comment un sens s'est calibré. Il ne nous dit pas quoi faire pour gagner un match.
Pour passer du réflexe du bébé au geste du sportif, il faut parler de la boucle sensori-motrice.
Tes sens captent une information, ton système nerveux l'interprète, anticipe et déclenche un mouvement. Ce mouvement change à son tour ce que tes sens captent. Ce n'est pas une chaîne en quatre étapes, c'est une boucle qui tourne en permanence, et qui fonctionne beaucoup par prédiction.

Sur le terrain, ça donne ce qu'on appelle la boucle perception-action : lire une trajectoire, ajuster ses appuis, tenir son équilibre dans un duel. Quand un sens renvoie une information imprécise, le corps compense. Et une compensation, ça coûte : du temps, de l'énergie, parfois une blessure.
C'est pour ça que la perception passe avant l'action dans ma façon d'entraîner.
Oui, on retrouve des réflexes archaïques encore actifs chez des adultes et des sportifs. Une étude de 2024 sur 69 joueurs (Bastière et coll.) en a trouvé au moins un actif chez 68 % d'entre eux, le plus fréquent étant le réflexe tonique labyrinthique.
Mais regarde bien ce que ce chiffre dit, et ce qu'il ne dit pas. C'est une photographie à un instant donné, dans un seul centre. Elle ne montre pas que ces réflexes freinent la performance, ni que les travailler la ferait progresser.
À ce jour, aucune étude d'intervention ne montre qu'intégrer des réflexes archaïques améliore la performance d'un sportif. Celui qui te promet le contraire te vend une hypothèse comme un résultat.
C'est souvent la question qu'on me pose : « Tu fais un test des réflexes archaïques ? » Non, pas au sens strict.
Les tests de réflexes qui circulent n'ont pas fait la preuve de leur fiabilité. Et surtout, un réflexe actif ne dit pas quoi travailler. Il dit seulement qu'un sens mérite qu'on le regarde de plus près.
Au LabO RNP, le réflexe n'est jamais une cible. On ne travaille jamais un réflexe directement en premier. Il est simplement observé, en fin de parcours, pour voir si le travail sensoriel a changé quelque chose.
Ce qu'on cherche, c'est quel sens est en cause, et quelle compétence sur ce sens est à travailler. La vision, l'oreille interne, le toucher et la perception du corps ne posent pas les mêmes problèmes, et ne se travaillent pas de la même façon.
On part de la tâche du sportif. Un lanceur qui manque de précision, un joueur qui perd ses appuis dans les changements de direction : c'est l'analyse du geste qui oriente vers un sens, pas une liste de réflexes.
Pour chaque sens, on a construit une progression : d'abord le travail sensoriel pur, puis le travail sensori-moteur, enfin le geste volontaire et le geste sportif. Chaque sens a ses propres étapes, du regard qui se stabilise à la stimulation de l'oreille interne, en passant par le toucher, ce sens oublié qui structure la posture.
L'ordre entre les sens n'est pas une recette. C'est la lecture du sportif qui le décide. La règle qui nous guide tient en une phrase : plus le travail sensoriel est juste, moins on a besoin de s'occuper du réflexe.
C'est le cœur de la Reprogrammation Neuro Posturale : calibrer la boucle sensori-motrice, pas courir après des réflexes.
Les programmes d'intégration standardisés, ces séries d'exercices au sol censées « intégrer » un réflexe, reposent sur très peu de preuves. Un seul essai randomisé positif, peu reproduit. Et faire baisser le score d'un réflexe ne prouve pas qu'on bouge mieux.
Travailler le mouvement du réflexe sans s'occuper du sens qui le déclenche, c'est traiter l'effet, pas la cause. C'est exactement ce que vendent beaucoup d'influenceurs : un geste à répéter, une promesse, un avant-après filmé. Laissons-leur ça.
Le LabO RNP a d'ailleurs listé sept croyances à dépasser sur l'intégration des réflexes archaïques.
En période de compétition, on ne lance pas de travail de ce type. Bousculer un sens qui sert tous les jours peut désorganiser temporairement le sportif, au pire moment.
Ce travail se pose en dehors des échéances, sur la durée, et il reste au service de l'entraînement. Il ne remplace ni la force, ni la vitesse, ni la technique.
Les réflexes archaïques ont joué leur rôle dans ton développement. Ils nous ont appris comment les sens se calibrent, et c'est déjà beaucoup.
Pour un sportif, la question utile n'est pas « quel réflexe est encore là ? ». C'est « quel sens me renvoie une information imprécise, et sur quelle compétence ? ».
Un réflexe montre un sens à écouter, pas un bouton sur lequel appuyer.
C'est une réponse motrice automatique du nouveau-né, déclenchée par une information sensorielle : toucher, rotation de la tête, position dans l'espace. Ces réflexes s'effacent normalement au fil du développement.
Oui, les deux termes désignent les mêmes réflexes du développement.
Oui, on en retrouve chez une partie des adultes et des sportifs. Mais leur présence ne prouve pas qu'ils limitent la performance.
Les tests qui circulent n'ont pas démontré leur fiabilité. Au LabO RNP, on ne s'en sert pas comme d'un diagnostic : on cherche quel sens et quelle compétence travailler.
Aucune étude ne l'a montré à ce jour. Le travail utile porte sur les sens et la boucle sensori-motrice, pas sur le réflexe lui-même.
Non. Ce type de travail se fait hors période de compétition, sur la durée.